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Violences : ne détournons pas le débat des revendications de notre jeunesse
Après la vidéo tronquée de la poubelle, où certains ont voulu faire croire que j’allumais un feu, voici une citation tronquée dont on voudrait déduire que j’appelle à la violence. Il n’en est rien. La méthode ne change pas : fabriquer une polémique pour ne jamais parler du fond.
Cette semaine, je suis allé devant les lycées de notre ville pour être aux côtés des jeunes. Ils demandent des moyens et le droit d’apprendre dignement. Leurs revendications sont légitimes. Leur colère doit être entendue.
Je répète ici ce que je leur ai dit : la violence n’est pas notre méthode d’action.
Mais je veux aussi parler des violences passées sous silence dont ces jeunes sont victimes.
La violence de l’abandon, d’abord : un État qui refuse d’investir dans leur avenir. Classes surchargées, enseignants qui manquent, établissements dégradés, chauffage défaillant, sanitaires insuffisants : leurs conditions d’apprentissage sont indignes.
La violence du mépris, ensuite : des responsables politiques qui ne viennent pas à leur rencontre, n’apportent aucune réponse concrète et préfèrent multiplier les polémiques pour ne jamais avoir à leur répondre.
La violence de la répression, enfin, lorsqu’ils dénoncent cette situation. Je l’ai constatée moi-même en me tenant à leurs côtés. Quand un adolescent est bousculé, frappé, ou voit un camarade en danger, vouloir le protéger est une réaction humaine. Notre responsabilité politique est d’empêcher que ces situations se produisent. Il faut stopper l’escalade.
C’est le rôle que j’entends tenir comme maire : être aux côtés de notre jeunesse, contribuer à la sécurité de ses mobilisations et protéger son droit de s’exprimer, pour que ses revendications obtiennent enfin une réponse politique.
Certains voudraient aujourd’hui viser les maires et les élus qui soutiennent les lycéens, en racontant que nous les encouragerions à commettre des violences ou des dégradations. C’est faux, et toute mesure prise contre eux serait discriminante à l’égard d’élus qui font simplement leur devoir.
J’interpelle donc toutes les autorités publiques : le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre, le ministre de l’Éducation nationale et la présidente de la Région Île-de-France. Que l’appel à la désescalade parte d’abord de vous.
Ceux qui s’indignent d’une demi-phrase sont beaucoup plus silencieux sur l’essentiel. Que répond le Gouvernement à ces jeunes lorsqu’ils demandent la fin de Parcoursup ? Que répond l’Éducation nationale lorsqu’ils dénoncent leurs conditions d’apprentissage ? Que répond la Région lorsqu’ils demandent des établissements dignes ? C’est là que doit être le débat.
Ces jeunes ne demandent pas qu’on parle à leur place. Ils demandent qu’on les écoute, qu’on les respecte et qu’on réponde à leurs revendications.
Bally Bagayoko, Maire de Saint-Denis Pierrefitte