Bally Bagayoko élu président de Plaine Commune le 21 avril
Il y avait la queue le soir du 21 avril, avenue Jules-Rimet, non pas pour entrer au Stade de France, mais pour assister au conseil d’installation de Plaine Commune. La foule s’est pressée devant la salle du conseil de l’établissement public territorial (EPT) pour pouvoir être témoin de l’élection de son nouveau président. Deux candidats se sont fait face : Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis – Pierrefitte, et Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen. L’assemblée réunissait 80 conseillers territoriaux récemment élus des huit villes membres de l’EPT : Saint-Denis - Pierrefitte (27 sièges), Aubervilliers (16 sièges), Saint-Ouen (10 sièges), Epinay-sur-Seine (9 sièges), La Courneuve (8 sièges), Stains (7 sièges), Villetaneuse (2 sièges) et L’Île-Saint-Denis (1 siège).
« Une coopérative de villes »
Point trois à l’ordre du jour, l’élection du président de l’EPT a nourri les débats pendant près de deux heures. Bally Bagayoko (LFI) a été le premier à s’exprimer. Après avoir commencé son discours par des remerciements aux agentes et agents de Plaine Commune, le maire de Saint-Denis – Pierrefitte s’est présenté comme « la candidature du consensus », soutenu par plusieurs maires de Plaine Commune. Convaincu que Plaine Commune doit d’abord être « une coopérative de villes », Bally Bagayoko a aussi affirmé que l’EPT doit être « un outil de lutte », et même « politique, dans l’intérêt des habitants du territoire ». Il a également défendu « un aménagement du territoire qui réponde déjà aux préoccupations des habitants et qui ne soient pas dans une logique de division entre les différents quartiers ».
Le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane (PS) a ensuite pris la parole en tant que candidat, pour dénoncer, selon lui, une absence de consensus autour de la figure pour incarner Plaine Commune. Situation qui l’a amené à formuler une proposition à Bally Bagayoko : « Je suis prêt à retirer ma candidature… Si vous êtes prêts à retirer la vôtre pour que nous provoquions une réunion des huit maires pour décider d’une candidature de consensus. » Vives réactions dans le public, où le prénom du maire de Saint-Denis – Pierrefitte a été scandé quelques secondes en signe de protestation.
Soutenus par les maires
Plusieurs conseillers territoriaux se sont ensuite exprimés sur cette élection à enjeux. C’est le cas de Sofia Boutrih (PCF), conseillère territoriale et adjointe du maire de Saint-Denis – Pierrefitte à la culture, à l’événementiel et aux grands rendez-vous populaires. « L’avenir de Plaine Commune ne doit pas être spécialisé, mis en concurrence, orienté uniquement vers l’attractivité économique et touristique », a-t-elle rappelé, avant de poursuivre : « Ce que portera la candidature de Bally Bagayoko, c’est un territoire qui reste fidèle à celles et ceux qui y vivent, où les habitants ne sont pas une variable d’ajustement. » L’élue, pour le groupe Parti communiste français, a appelé à « une parité parfaite au bureau » exécutif de Plaine Commune. Une position soutenue par le maire de Saint-Denis – Pierrefitte.
Plusieurs maires ont exprimé leurs soutiens directs à Bally Bagayoko comme Sofienne Karroumi (divers gauche), maire d’Aubervilliers, Mohamed Gnabaly (Les Écologistes), maire de L’Île-Saint-Denis, et Azzedine Taïbi (PCF), maire de Stains. « Le temps d’une soirée, tu as réussi à démocratiser cet outil qu’est Plaine Commune en réunissant des centaines de personnes. Et juste pour cela, tu dois être le président de Plaine Commune », a conclu Aly Diouara (LFI), maire de La Courneuve, autre soutien de la candidature de Bally Bagayoko.
Regarder l’horizon
Un peu avant 21 heures, le résultat tombe : 46 voix pour Bally Bagayoko, 32 pour Karim Bouamrane, une voix pour Sofia Boutrih et un bulletin blanc. Après une interruption de séance, le maire de Saint-Denis – Pierrefitte a pris sa nouvelle place de président de Plaine Commune. « Les résultats sont relativement clairs et ils nous obligent à désormais regarder l’horizon, dans le cadre de la construction d’un projet commun », a commenté le président, qui a tendu la main aux élus et à Karim Bouamrane : « Je souhaite que nous puissions nous rencontrer à la mairie de Saint-Ouen pour avoir une discussion. »
« Cette élection marque une étape importante pour notre intercommunalité », a tenu à souligner Farid Aïd (PCF), maire délégué de Pierrefitte-sur-Seine. « Cette victoire n’est pas une fin, c’est une responsabilité. Notre territoire mérite un cap clair, un leadership qui rassemble et une ambition partagée », a-t-il ajouté. La séance s’est poursuivie, avec l’élection de Sofia Boutrih au poste de première vice-présidente. Rendez-vous sera donné prochainement dans la salle du conseil pour désigner les autres membres du bureau de Plaine Commune.