Mise à jour le 15.05.2026
Lisa Berouane
3mn

En l’honneur des victimes de l’esclavage colonial

Commémo esclavage
Crédits
Sabine Le Néchet / Ville de Saint-Denis
Deux journées mémorielles consacrées aux victimes de l’esclavage colonial sont organisées à Saint-Denis – Pierrefitte, les 17 et 23 mai 2026. L’objectif de ses commémorations portées par les associations dionysienne et pierrefittoise Sonjé et Association Mémoires Ultramarines : se rappeler l’histoire au moyen de moments festifs et solennels, 25 ans après la loi Taubira.


Reconnu comme un crime contre l’humanité par la loi Taubira du 21 mai 2001, l’esclavage colonial désigne la désigne la traite et l’exploitation de millions d’Africains déportés vers les colonies européennes, notamment aux Antilles, entre les 15e et 19e siècles, marquant ainsi l’histoire de France. 

Le 17 mai 2026 à Pierrefitte : « un hommage à nos aïeuls » 

La journée commémorative de dimanche 17 mai débutera par un rassemblement à l'hôtel de ville de Pierrefitte à 10h45, suivi par une traversée des voies de tramway pour arriver au Parc Nelson-Mandela, accompagnée par une animation musicale du groupe Rasin Baobab. Initiée par l’Association Mémoires Ultramarines (AMU), le but est de perpétuer le devoir de mémoire et de transmission envers les jeunes générations. « Le mois de mai est un mois mémoriel. Cette journée est un hommage à nos aïeuls victimes de l’esclavage colonial », souligne Franck Pétrose, président de l’AMU. 

Au programme, prises de paroles, discours officiels et lectures de textes et de poèmes. Les élèves de CM2 de l’école élémentaire Jean-Jaurès (Pierrefitte) ont travaillé sur le thème de l’esclavage dans le cadre de leur cours d’histoire, ils chanteront Bois d’Ebène et le gospel O Freedom. Le conseil municipal des collégiens de Pierrefitte, composé de jeunes engagés, prendra également la parole à travers la lecture du poème Ghetto de Guy Tirolien. « On se réunit avant chaque commémoration pour faire un rappel sur l’histoire, puis on s’entraine sur la lecture du poème. Le but est qu’ils apprennent à s’exprimer en public et à prendre confiance en eux », explique Sabah, référente jeunesse à l’Espace Pierrefitte Jeunes. 

La cérémonie se poursuivra par les discours officiels d’élus et représentants associatifs et se clôturera en musique avec un pot de l’amitié à l'hôtel de ville de Pierrefitte, où les participants pourront profiter d’une exposition de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage : Esclavage et abolitions, une histoire de France, visible jusqu’au 20 mai. Pour Franck Pétrose, ce passé doit être connu de tous : « Il est essentiel que les jeunes générations prennent conscience de l’histoire de leur pays. »  

Le 23 mai 2026 à Saint-Denis : recueillement autour de la stèle 

« Sonjé signifie se souvenir en créole », éclaire Mylène, présidente de l’association mémorielle et culturelle dionysienne Sonjé. Elle coorganise avec CM98 (association nationale de la défense de la mémoire des victimes de l’esclavage) la commémoration de samedi 23 mai à Saint-Denis. Afin d’honorer la mémoire des victimes, un fleurissement de la stèle située place Robert-De-Cotte (Saint-Denis) aura lieu. Cette œuvre créée par Nicolas Cesbron contient 213 noms d’esclaves, symbolisant les 213 années d’esclavage. « Nous poserons des fleurs sur les médaillons, c’est une façon de rendre un hommage vivant à nos familles. Ce mémorial n’est pas un moment mort, spirituellement, ils continuent d’être présents avec nous. »

La cérémonie débutera à 14h30. Elle se veut être un moment « joyeux », grâce à une prestation du groupe YinYang-Ka et la participation d’une chorale d’enfants qui interpréteront deux chansons en français et en anglais. À l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, ces deux journées « permettent de ne pas oublier », insistent Mylène et Franck Pétrose.