Championnat de France UNSS de Danse Battle Hip-Hop : Lurçat et Garcia-Lorca s’illustrent
Une ambiance de folie ! 2 000 personnes étaient présentes, mais aussi plus de 500 élèves (collégiens et lycéens) venus de toute la France pour participer au championnat de France UNSS de Danse Battle Hip-Hop au palais des sports Auguste-Delaune, le mercredi 1er avril. Dans les quatre espaces de danse qui leur étaient dédiés, les compétiteurs se sont affrontés durant quatre jours.
Des gradins pleins à craquer, des spectateurs survoltés, chauffés à blanc par les 5 DJ’s du collège Jean-Lurçat qui ont officié aux platines tout au long de la compétition, à grands renforts de décibels (lire encadré en fin d'article). C’est dans cette atmosphère électrique que deux équipes dionysiennes ont été plongées : celles des associations sportives des collèges Jean-Lurçat et Federico-Garcia-Lorca. La première avait remporté le championnat d'académie « établissement collège » le 23 mars dernier. La deuxième avait fait de même dans la catégorie « excellence collège » qui est dédiée aux établissements qui ont des sections sportives (Garcia-Lorca a une section « danse hip-hop »).
Les deux équipes ont affronté en battle les meilleures du pays. Le scénario du battle se déroule toujours de la même manière : chaque équipe (ou crew) propose à tour de rôle ses meilleurs passages. Les solos, les duos ou les combinaisons de groupe s’enchaînent et se répondent en s’adaptant à la musique sélectionnée par un DJ. L’objectif est de se surpasser dans des domaines aussi variés que la maîtrise technique, la présence scénique, la qualité des combinaisons ou la musicalité.
Une expérience enrichissante
Pour les filles de Lurçat, qui participaient pour la première fois au championnat de France, la compétition était l’occasion de « se confronter au haut niveau du sport scolaire national » pour « se jauger et progresser », expliquait leur entraîneur, Loïc Assene. Le professeur d'EPS de Lurçat estimait aussi que cette « expérience unique » devrait à l’avenir « les aider pour leur scolarité, leur vie au quotidien et leur vie future ».
Car, au-delà de leurs résultats, les danseuses allaient « tout donner pour dépasser leurs limites » et exprimer ainsi « leur véritable personnalité ». Ce qui leur permettrait aussi « d’apprendre à mieux gérer leur stress et leurs émotions fortes », analysait l’entraîneur qui se montrait satisfait des performances de son équipe qui n’a malheureusement pas pu accéder aux quarts de finale (1 victoire et 2 défaites en poule le mercredi).
Plus expérimentées (deux d’entre elles avaient déjà participé au championnat de France l’année dernière), les six filles de Garcia-Lorca ont quant à elles remporté leur premier battle face au collège Théodore-Monod de Bron (69), le mercredi matin, au premier jour de compétition). « Je suis très contente de l’attitude des élèves. On a l’impression qu’elles ont beaucoup confiance en elles alors que ce n’est pas le cas ! », analysait leur entraîneuse Emilie Fritz à l’issue du deuxième battle.
Les danseuses de Garcia-Lorca ont fait fureur au championnat de France UNSS de Danse Battle Hip-Hop
La professeure d'EPS de Garcia-Lorca espérait néanmoins voir à l’avenir « plus de lisibilité dans leurs mouvements » et « plus de constance », consciente que tout se jouerait « dans les moindres détails ». « Leur niveau doit rester homogène dans le temps. Elles doivent rester concentrées pour ne pas faire d’erreurs et aller vers la victoire », a également ajouté Emilie Fritz.
Lorca se qualifie en quarts de finale
Fortes de ces conseils, les filles de Garcia-Lorca ont défié le collège Henri-Wallon (Marseille) lors de leur 3e battle du jour. Une équipe de haut niveau qui a fait preuve d’une grande virtuosité technique, multipliant les figures et les acrobaties difficiles (portés, saltos arrière, etc.) tout au long de la bataille.
« Les deux équipes étaient fortes donc j’ai peur du résultat car on aurait pu faire plus », résumait à la fin du battle Nawale, 13 ans, membre de l’équipe de Garcia-Lorca. Une autre membre de l’équipe, Shelcy, 14 ans, se disait confiante pour la suite car « on a mis de l’énergie, on était toutes bien ensemble, ce qui n’était pas toujours le cas de notre adversaire ».
« Je suis très fière de vous ! Vous avez fait le taf ! Vous avez beaucoup progressé cette année, c’est incroyable ! Le résultat, ce sera autre chose… », a lancé à son tour Emilie Fritz à ses élèves. Avant de faire un gros « hug » (câlin) collectif avec les collégiennes regroupées autour d’elles quelques instants.
Deux minutes plus tard, la professeure annonçait la bonne nouvelle à ses élèves : « Vous avez gagné ! » Des cris d’allégresse ont aussitôt retenti, suivis de larmes de joie. « Mon cœur a lâché ! Il ne suit plus ! », s’est exclamé une danseuse, tandis que Shelcy lâchait : « c’est le bonheur ! »
Après une victoire en quarts de finale le jeudi 2 avril, Garcia-Lorca affrontait le collège Colette-Besson (Paris) en demi-finales, le vendredi 3 avril matin. Ce fut « une performance incroyable, la meilleure depuis le début du championnat », s’enthousiasmait Emilie Fritz à l’issue du battle. Et de mentionner « l’extraordinaire connexion entre les danseuses » et « l’énergie folle » qui s’est dégagée du groupe.
Des performances qui furent néanmoins insuffisantes pour accéder à la finale. Les filles ont donc participé le vendredi à la petite finale face au collège Gabriel-Havez (Creil), le champion de France en titre. Un battle qu’elles ont fini par remporter pour terminer troisième du championnat de France ! « C'est incroyable de vivre ça à domicile ! Je suis très fière du parcours des élèves, de leur ténacité et de leur progression. On a hâte de prendre notre revanche l'an prochain ! », savourait Emilie Fritz, quelques instants après la victoire.
Jean-Lurçat aux platines
Les élèves du collège Jean-Lurçat étaient aussi à l’honneur aux platines durant le championnat de France. Durant trois jours, les cinq DJ’s du collectif « Freedom artists » ont enchaîné les morceaux de hip-hop, de funk ou de house sur lesquels des danseurs se sont affrontés en battle. « C’était difficile car il fallait rester concentrer, caler le bon bpm (battements par minute) et les sons tout en regardant le public pour visualiser l’ambiance », expliquait Islem, 14 ans, qui a choisi Izko comme nom de scène. Il est inscrit pour la 3e année consécutive à la section « culture hip-hop » de - Lurçat qui est pilotée par leur professeur d’EPS Fadi Makki. Celui-ci ne cachait pas sa joie ce mercredi : « Cet événement est un aboutissement pour moi et les élèves. Il a fallu des années de travail pour en arriver là et je suis fier d’eux. Ils ont été à la hauteur de l’événement et ont eu des retours incroyables de la part du public ».