Mise à jour le 28.05.2026
Julien MOSCHETTI

Gabriel-Péri : une fusillade fait deux blessés graves

Fusillade
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Lucile Brière / Ville de Saint-Denis
La cité Gabriel-Péri a été le théâtre de coups de feu et d’un passage à tabac à l’origine de deux blessés graves, le dimanche 24 mai.

Une fusillade a éclaté le dimanche 24 mai, vers 15h30, au cœur de la cité Gabriel-Péri. Selon Le Parisien, un jeune homme aurait ouvert le feu sur un homme de 29 ans, touché à la colonne vertébrale et à la jambe. Le tireur a ensuite été passé à tabac par un groupe de jeunes. Sa victime et lui, grièvement blessés, ont été pris en charge à l’hôpital. Tous deux sont connus des services de police pour trafic de stupéfiants. 

L’adjointe au maire Sofia Boutrih était dans le quartier quand les coups de feu ont retenti : « J’ai entendu les tirs et j’ai découvert un jeune garçon à terre, allongé sur le dos. » L’élue appelle alors les secours et constate un « élan de solidarité : une voisine infirmière a prodigué les premiers soins. Les grands du quartier ont mis à l’abri les jeunes. De plus, pour prévenir tout nouvel incident, une brigade de sécurité fait des rondes le soir et le week-end. Une cellule de crise a également été mise en place à antenne jeunesse Péri ». 

Appel à l'apaisement

Les deux jeunes impliqués ne sont pas du quartier. « Cela traumatise encore plus les habitants qui voient leur quartier occupé par des personnes de l'extérieur », poursuit Sofia Boutrih qui appelle à « l’apaisement ». D’autant qu’un autre incident est intervenu deux jours plus tôt : un homme de 20 ans de la cité Gabriel-Péri a été grièvement blessé par arme à feu dans le quartier Pierre-Semard.

Le maire Bally Bagayoko s’est rapidement rendu sur place après la fusillade, comme d’autres élus. La municipalité a tenu à adresser son soutien aux habitant·es du quartier et à saluer « la solidarité spontanée » manifestée par les Dionysien·nes. Elle appelle « au calme et à la responsabilité » et exige que tout soit mis en œuvre par les autorités compétentes pour « identifier, interpeller et traduire les auteurs de ces faits devant la justice ». 

La piste de règlements liés aux stupéfiants est à l’étude. Il s’agirait de « la reprise d’un point de deal par une équipe de jeunes que les plus anciens voudraient récupérer », complète une source proche du dossier, selon Le Parisien

« Le deal à ciel ouvert provoque des tensions et des violences entre dealers », confirme Alban*, un habitant du quartier. Celui-ci ressent « de la colère et de l'impuissance devant l'abandon de ce quartier depuis une bonne dizaine d'années ». Selon lui, les municipalités successives, mais aussi l’État ont « favorisé les économies parallèles en appauvrissant l'environnement direct : abandon des polices de proximité, fermetures d'espaces communs ou de commerces, etc. ».

* Le prénom a été modifié