Mise à jour le 16.06.2026
Julien Moschetti
5 minutes

« Protoxyde d’azote : un fléau à Saint-Denis – Pierrefitte »

Dangers protoxyde d'azote
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Maire délégué de Pierrefitte et 2ème adjoint au maire de la commune nouvelle en charge de la prévention de la délinquance, Farid Aïd a participé le 30 mai à un colloque sur le protoxyde d’azote (aussi appelé « gaz hilarant » ou « proto ») au Sénat. Il revient sur le discours qu’il a prononcé, ainsi que sur les actions de prévention et de sensibilisation menées par la Ville sur le territoire.

Quel regard portez-vous sur la consommation de protoxyde d'azote sur le territoire ?

La consommation de protoxyde d'azote est devenue un fléau à Saint-Denis - Pierrefitte. On retrouve de plus en plus de cartouches ou de bonbonnes de ce gaz hilarant dans nos rues, mais aussi dans les parkings. Cet usage est malheureusement devenu à la mode chez les jeunes qui apprécient ses effets euphorisants. D’où l’importance de les informer des risques à moyen et long terme de cette consommation : troubles neurologiques, troubles cognitifs, troubles psychiques, etc. Par exemple, les nouveau-nés peuvent présenter des troubles neurologiques quand leur mère consomme durant sa grossesse. Cela peut aussi avoir des conséquences sur autrui, notamment quand on a consommé ce gaz et qu’on conduit une voiture ou un scooter. J’ajoute enfin que cette consommation peut entraîner une addiction.

Vous avez participé à un colloque sur le protoxyde d’azote au Sénat, le 30 mai. Quels messages avez-vous fait passer ?

J’ai invité les pouvoirs publics à agir et à réagir pour enrayer ce phénomène. J'ai aussi demandé à Marie-Pierre Vedrenne, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté qui était présente au Sénat, de travailler sur une proposition de loi pour renforcer la législation sur le protoxyde d'azote. Cela permettrait ensuite aux policiers de pouvoir intervenir sur ce sujet. Il faut prévoir des sanctions mais il faut aussi évidemment faire de la prévention avec les jeunes, les sensibiliser sur les dangers du protoxyde d’azote. Il faut les aider à comprendre que cet usage est loin d’être drôle à moyen et long terme.  

Quid de la campagne de communication de la Ville sur le sujet ?

La municipalité a décidé de prendre à bras-le-corps cette problématique de santé publique en lançant une campagne de communication en direction des jeunes sur les méfaits du protoxyde d'azote, de juin à octobre. Des affiches et des flyers seront présents dans les écoles, les espaces jeunesse, les maisons de quartiers, les équipements, les clubs sportifs, etc. L’idée, c’est de travailler avec toutes les structures qui sont en contact avec les jeunes : celles de la Ville, mais aussi les centres sociaux, les structures de l'Éducation nationale ou de la culture... Il faudra pouvoir en débattre tranquillement, en se disant qu’on a le droit de parler de tout, de poser toutes les questions, en veillant à ne pas avoir de discours moralisateurs car cela ne fonctionne pas. Il y aura aussi une campagne digitale sur le site Internet de la Ville et les réseaux sociaux (TikTok, Snapchat, Instagram…). Et si des jeunes peuvent réaliser eux-mêmes ces campagnes sur les réseaux sociaux, ce serait encore mieux car les messages seront plus acceptés.