Mise à jour le 18.06.2026
Julien Moschetti
7 minutes

Eau potable : la municipalité refuse le projet du Sedif

Sédif
Crédits
© Lucile Brière / Ville de Saint-Denis
Jugé coûteux et énergivore, le nouveau projet de traitement de l’eau du Sedif a fait l’objet d’un avis défavorable lors du conseil municipal du 28 mai. La municipalité milite pour la création d’une régie publique de l’eau.

Le conseil municipal a émis le 28 mai un avis défavorable au projet de traitement membranaire haute performance porté par le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) et Franciliane (filiale de Veolia). Pour rappel, le Sedif est un établissement public qui assure l’alimentation en eau potable de 150 communes d’Île-de-France, dont celles de Plaine Commune qui a renouvelé son adhésion en 2020. Le Sedif souhaite aujourd’hui insérer dans ses usines une étape de « filtration membranaire haute performance », notamment dans celle de Neuilly-sur-Marne qui alimente les habitant·es de Saint-Denis – Pierrefitte. Selon le Sedif, cette technologie facilite l’élimination des micropolluants (métabolites de pesticides, polluants éternels, etc.) et réduit les teneurs en calcaire et en chlore.

Cette solution « ne supprimera pas la pollution car elle organisera le rejet des résidus de polluants dans la Marne et les terres agricoles », estime Steeve Deguigné, le conseiller municipal de la majorité en charge de la politique de l’eau. Elle pourrait donc « reporter le coût de la dépollution sur les consommateurs d’eau plutôt que sur les activités polluantes, comme devrait l’imposer le principe "pollueur/payeur" », alerte le rapport du conseil municipal.

La facture augmenterait de 4 euros par mois 

Le coût du projet est estimé à 514 millions d’euros hors taxe, soit 1,07 milliard d’euros pour ses 3 usines principales de production d’eau potable : Choisy-le-Roi, Neuilly-sur-Marne et Méry-sur-Oise. Il entraînerait une augmentation des factures d’eau de 4 euros par mois et par foyer (hors inflation) pour les habitant·es. Autre problème de taille : cette technologie provoquerait la hausse de la consommation électrique de l’usine de Neuilly-sur-Marne de 44 GWh par an (+ 76 %), ce qui engendrerait une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (+ 86 %) liés à la production de l’eau.

Steeve Deguigné milite donc pour « des solutions alternatives moins coûteuses et moins énergivores pour filtrer l’eau » et « la gratuité des premiers mètres cubes d’eau », dans un contexte où les habitants du territoire « payent déjà l’une des eaux les plus chères de France ». Enfin, il appelle à « sortir du modèle du Sedif » pour créer une régie publique de l’eau à l’échelle de Plaine Commune, à l’image du modèle d’Est-Ensemble qui existe depuis 2022. Objectif : « permettre une gestion plus juste, plus sobre, plus transparente et plus démocratique que la délégation de service public ». Raison pour laquelle il invite les habitant·es à participer à l’enquête publique d’ici le 7 juillet 2026.

+ d’infos : pour participer à l’enquête publique, rendez-vous sur www.registre-numerique.fr/sedif-usine-neuilly-sur-marne et cliquez sur « participer » en haut de la page.