« La musique crée du lien entre le parent et l’enfant »
Deux autres bébé-concerts auront lieu dimanche 14 juin, avec l’ensemble vocal Les Lunaisiens. Nous avons rencontré Cécile Dalmon, chanteuse soprano et membre d’Envibra’son.
Comment est née l’association Envibra’son ?
Cécile Dalmon : Quelques mois avant la naissance de ma deuxième fille, je me suis formée au chant prénatal. Je me suis dit que cela serait dommage de ne pas lui faire profiter de mon expérience de chanteuse. C’est ainsi que l’idée de l’association est née. Le chant peut apporter pas mal de choses dans le domaine du lien à l’autre, du lien parents-enfants, du lien inter-familles… Quand on fait des séances avec des familles qui ne se connaissent pas ou sont confrontées aux barrières de langue, cela simplifie tout de suite les choses car on finit par parler la même langue (la musique, ndlr) ! Aujourd’hui, l’association essaye de rayonner sur le territoire de la Seine-Saint-Denis. On participe à de multiples festivals dans le département et dans le reste de la France.
Quelle est votre démarche ?
CD : Nous souhaitons faire partager à un vaste public les bienfaits de la voix, du chant et de la musique en général. Dans Envibra’son, il y a l’envie, les bras, la vibration, le son… La musique participe à faire du bien à autrui, à apaiser des énergies trop hautes… Nous essayons de trouver des sonorités et des vibrations qui permettront d’envelopper un enfant, un jeune enfant, un bébé. Ça permet aussi de créer du lien entre le parent et l’enfant, ou entre deux parents. Nous nous adressons principalement aux publics de la petite enfance et aux personnes qui sont en situation de fragilité (résidents des Ehpad, etc.)
Des bébé-concerts ont déjà eu lieu à la bibliothèque de la Maison d’Éducation de la Légion d'honneur. Deux autres sont programmés dimanche 14 juin.
Quel était le concept des mini-concerts participatifs à Saint-Denis ?
CD : En général, ça dure 30 minutes. C’est très bien comme format pour les tout-petits, ça marche parfaitement. Deux chanteuses étaient accompagnées d’un théorbiste (le théorbe est un instrument à cordes pincées de la famille du luth, ndlr). On mélange un peu tous les répertoires : de brefs extraits d’opéra baroque, de la musique du 20e siècle, des comptines pour que les parents puissent chanter avec nous. Et on voit bien à quel point ça leur fait du bien d’essayer de sortir des sons !
Qu’est-ce qui permet de renforcer le lien parent-enfant ?
CD : Cela fonctionne quand les parents acceptent de reproduire ce qu’on leur propose, qu’ils osent essayer de chanter. Ça peut aussi leur permettre de refaire ensuite des chansons à la maison, d’installer des rituels autour du son et de la chanson.
Comment faire pour éveiller les tout-petits à la musique ?
CD : Avec ma collègue Dorothée, on a eu l’occasion de travailler en milieu hospitalier, et notamment dans un service de néonatologie. Donc avec des bébés prématurés qui auraient dû être encore dans le ventre de leur maman. Un jour, on est arrivé dans une chambre et le bébé hurlait. La maman était totalement démunie. Elle n’arrivait même pas à le prendre dans ses bras. On a commencé à chanter de manière très douce, parce que, évidemment, on ne va pas utiliser notre voix de chanteuse d’opéra pour chanter à 20 centimètres d’un prématuré ! Et, très rapidement, l’enfant qui pleurait s’est arrêté de pleurer. Pour le bébé, le chant prénatal est quelque chose de très rassurant, de très réconfortant car il fait appel à des souvenirs inconscients, à tout ce qui s’est passé in utero. Voilà pourquoi la voix peut apporter du bien-être sur le moment. Et, avec un peu de chance, cela laissera une empreinte dans leur cerveau et ça ressortira peut-être plus tard !
Plus d’informations : festival-saint-denis.com